L’effet dévastateur de la guerre des prix

La préoccupation première de l’ensemble des chefs d’entreprises de nos secteurs d’activité se résume en trois mots : « Guerre des prix ».

Nos secteurs d’activités, comme l’ensemble de l’industrie alimentaire, sont victimes de la guerre des prix que se livrent les acteurs de la grande distribution. La promulgation de la Loi de modernisation de l’économie en 2008 a fait du « prix vendu au consommateur » un élément clé de la stratégie des distributeurs pour gagner des parts de marché et survivre. Les conséquences sont catastrophiques pour les entreprises : elles ont vu en 5 ans se renforcer le pouvoir de négociation de la distribution (il n’y a plus que 4 centrales d’achats qui écoulent 92% de la production de nos entreprises), elles font face chaque année à de nouvelles demandes de déflation indépendamment des hausses de leurs coûts de revient (dont les matières premières) qu’elles subissent, elles dégradent leurs marges pour rester sur les linéaires, elles détruisent leur capacité à investir, ferment des lignes de production. Et le consommateur ? Il gagne modestement en pouvoir d’achat qu’il n’utilise souvent pas pour mieux manger, il n’a plus de repères prix tant il est sollicité par les promotions, il perd en qualité et en diversité alimentaire quand un produit n’est plus fabriqué ou qu’un ingrédient est remplacé, il ne soutient plus les filières françaises que pour offrir le meilleur prix. Les distributeurs 9 passent par des appels d’offres internationaux pour sélectionner uniquement un prix plutôt qu’une origine ou une meilleure qualité.

 

36 Mois de déflation et -16% de marge en 5 ans

 

En décembre 2015, les secteurs de l’épicerie sucrée et de la nutrition spécialisée entraient dans leur 36ème mois de déflation. Cette déflation a atteint -4,9% depuis 3 ans (de janvier 2013 à décembre 2015). Ces entreprises subissent une dégradation continue de leurs marges depuis 2009 : -16 % en 5 ans, ce qui est considérable au regard des taux de marges déjà faibles des entreprises alimentaires. Il est à noter qu’à la quête sans fin du prix le plus bas s’ajoute une guerre des promotions qui vient aggraver la situation, plus particulièrement dans le secteur de l’épicerie sucrée où la part des promotions dans les ventes est aujourd’hui en moyenne de 20% contre 13% pour les PGC (produits grande consommation).

Les relations commerciales se sont significativement dégradées et sont considérées par les entreprises positionnées sur d’autres marchés comme les pires en Europe : avec la concentration des acteurs, les enjeux des négociations sont immenses pour les entreprises de toutes tailles. Un déréférencement pour une PME, c’est 10% à 30% de son chiffre d’affaires qui est menacé. Les acheteurs de la grande distribution exercent une grande pression pour négocier moins cher et mieux que leurs concurrents. De nombreuses pratiques illégales ont conduit les associations professionnelles à se mobiliser pour les dénoncer et les faire cesser moyennant l’intervention des autorités.

Les correctifs apportés par les lois Hamon et Macron, qui renforcent les capacités de contrôle des pouvoirs publics et augmentent les sanctions sur les pratiques illégales vont dans le bon sens, mais elles ne sont pas suffisantes pour enrayer cette spirale déflationniste destructrice de valeur.

 

La volatilité des matières premières rend les entreprises encore plus fragiles face à la guerre des prix

 

Avec la libéralisation des marchés, la volatilité des matières première n’a cessé d’augmenter avec une nette tendance à la hausse : en dix ans les prix des principales matières premières utilisées par nos entreprises ont augmenté de 47%. Les entreprises ne parviennent pas à répercuter la moyenne des hausses des cours dans les négociations, tandis qu’une temporaire baisse des cours sert des demandes de déflation.

 

Les solutions proposées :  

SOLUTION N°1

Agir contre la guerre des prix : renforcer les moyens de la DGCCRF pour faire respecter la loi et mettre fin aux pratiques abusives. Lire la suite…

SOLUTION N°2

Faire évoluer la loi sur les relations commerciales et développer les bonnes pratiques. Lire la suite…

 

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